Livret du formateur — Argumentaire AT/MP · CGT Occitanie
Pour chaque diapositive : message clé, points à développer, angle syndical CGT.
- Présenter les animateur·rices, le déroulé sur 2 jours et les objectifs.
- Annoncer la méthode : on part du vécu des stagiaires, pas d'un cours magistral.
- Rappeler que la santé au travail est un champ d'action syndicale, pas un sujet « technique » réservé aux experts.
- Lire les six objectifs ; demander à chacun ce qu'il vient chercher et noter au paperboard.
- Préciser qu'à la fin, chacun doit pouvoir accompagner un·e collègue, pas seulement « comprendre ».
- Jour 1 : du fait accidentel à la reconnaissance par la CPAM.
- Jour 2 : l'indemnisation, la faute inexcusable, les recours, et le passage du cas individuel à la prévention collective.
- Insister : tout commence par un bon réflexe de déclaration ; un dossier mal engagé se rattrape difficilement.
- Commenter : près de la moitié des AT sont liés à des manutentions manuelles ; les chutes suivent.
- Les décès au travail ne reculent pas ; les MP augmentent (TMS ~90 %, amiante, affections psychiques).
- Rappeler la sous-déclaration : beaucoup d'AT bénins « passés en maladie », de MP jamais déclarées.
Source : Assurance Maladie – Risques professionnels, données 2023 (à actualiser chaque année).
- La sous-déclaration prive les victimes de leurs droits (soins 100 %, IJ majorées, rente).
- L'invisibilisation masque la réalité du travail et freine la prévention.
- L'employeur a une obligation de sécurité : la faire respecter est un levier.
- Soudaineté : c'est ce qui distingue l'AT de la MP (exposition progressive).
- La lésion peut être physique mais aussi psychique (choc, malaise, agression).
- « Par le fait ou à l'occasion du travail » : la notion est large (pause, déplacement interne, mission).
Art. L.411-1 du Code de la sécurité sociale (CSS).
- AT : fait soudain au travail.
- Accident de trajet : protégé entre domicile et travail (ou lieu de restauration) ; détours admis (covoiturage, nécessité familiale).
- MP : exposition durable à un risque.
- Piège classique : l'accident de mission relève de l'AT (et non du trajet).
AT : L.411-1 ; trajet : L.411-2.
- Un accident survenu au temps et au lieu de travail est présumé professionnel.
- C'est à l'employeur de prouver une cause totalement étrangère au travail.
- D'où l'importance de bien situer l'accident (heure, lieu, témoins) dès le départ.
- Le bon réflexe dans les premières heures conditionne tout le dossier.
- Le salarié informe l'employeur dans les 24 h (idéalement par écrit, en gardant une preuve).
- L'employeur déclare à la CPAM dans les 48 h (hors dimanches et jours fériés) : la DAT.
- L'employeur peut joindre des « réserves motivées » : expliquer ce que c'est et comment y répondre.
- La feuille d'accident est remise au salarié : soins pris en charge à 100 %, sans avance de frais.
Art. R.441-2 (salarié), R.441-3 (employeur), L.441-5 (feuille d'accident).
- La DAT (employeur) ; le certificat médical initial (CMI) établi par le médecin.
- Sur le CMI : faire décrire toutes les lésions, même mineures — ce qui n'y figure pas sera difficile à rattacher ensuite.
- La feuille d'accident (tiers payant) ; les certificats de prolongation puis le certificat final.
- Depuis le 1er septembre 2025 : nouveaux Cerfa sécurisés obligatoires (les anciens sont rejetés).
- Le salarié peut déclarer lui-même l'AT à la CPAM dans un délai de 2 ans.
- Réunir témoignages, écrits, éventuelle main courante ; informer le CSE et, si besoin, l'inspection du travail.
- 30 jours francs pour statuer dans le cas simple.
- En cas de réserves ou d'investigation (questionnaire, enquête) : délai porté jusqu'à 90 jours.
- Phase contradictoire : 10 jours pour consulter le dossier et faire des observations — à utiliser systématiquement.
Art. R.441-7 et suivants.
- Sans décision dans le délai, le caractère professionnel est reconnu.
- Noter précisément les dates ; ne pas « relancer » au point de provoquer une décision de rejet hâtive.
Art. R.441-10.
- Annoncer les deux voies de reconnaissance et leur enjeu de preuve.
- Voie tableau : si toutes les conditions sont réunies → présomption d'origine, pas besoin de prouver le lien.
- Voie CRRMP : maladie en tableau mais conditions non toutes remplies (lien direct), OU maladie hors tableau (lien direct et essentiel à démontrer).
Art. L.461-1 CSS.
- Trois éléments : désignation de la maladie ; délai de prise en charge après exposition ; liste de travaux (limitative ou indicative selon le tableau).
- Bien repérer les dates d'exposition et l'employeur concerné.
- Où les trouver : INRS et Légifrance (mis à jour régulièrement).
- TMS : près de 90 % des MP reconnues ; amiante toujours présente.
- Affections psychiques (burn-out) : souvent hors tableau → passage par le CRRMP.
- Usure professionnelle, expositions chimiques : forte sous-déclaration.
- Animation en binômes (15 min) puis restitution.
- Corrigé attendu : information employeur 24 h, CMI détaillé, feuille d'accident, déclaration directe si refus, alerte du CSE.
- Tour de table : ce que je retiens, ce que je réutiliserai.
- Recueillir les questions en suspens.
- Rappeler le fil : indemnisation → séquelles → faute inexcusable → recours → rôle collectif.
- IJ majorées : 60 % du salaire journalier de base, puis 80 % à partir du 29e jour d'arrêt.
- Soins pris en charge à 100 % du tarif Sécu ; le jour de l'accident est payé par l'employeur.
- La situation évolue vers la guérison ou la consolidation.
Régime AT/MP des indemnités journalières (taux à vérifier au moment de la session).
- Guérison : retour à l'état antérieur, sans séquelle.
- Consolidation : état stabilisé avec séquelles → c'est là qu'on évalue le taux d'IPP.
- Après consolidation, une rechute ou une aggravation reste possible (nouveau certificat).
- Taux d'IPP < 10 % : indemnité en capital (versée en une fois).
- Taux ≥ 10 % : rente viagère, calculée sur le salaire annuel de référence × « taux utile ».
- Le taux est fixé par le médecin-conseil selon un barème indicatif.
Salaire annuel de référence encadré par un plancher et un plafond (montants à actualiser).
- L'inaptitude est prononcée par le médecin du travail.
- L'employeur a une obligation de reclassement (recherche sérieuse et loyale) ; le CSE est consulté.
- À défaut de reclassement ou de licenciement, l'employeur doit reprendre le versement du salaire après 1 mois.
Art. L.1226-10 et suivants (inaptitude d'origine professionnelle).
- Indemnité spéciale de licenciement (en principe le double de l'indemnité légale).
- Indemnité compensatrice (équivalente au préavis).
- Tout licenciement doit être motivé par l'impossibilité de reclassement.
Art. L.1226-14.
- C'est l'outil qui permet d'aller au-delà de l'indemnisation forfaitaire.
- L'employeur avait, ou aurait dû avoir, conscience du danger.
- Il n'a pas pris les mesures de protection nécessaires.
- Origine jurisprudentielle (arrêts « amiante » de 2002), assise sur l'obligation de sécurité.
Obligation de sécurité : L.4121-1 ; faute inexcusable : L.452-1 et s.
- Majoration de la rente ou du capital (souvent doublement).
- Réparation des préjudices personnels : souffrances physiques et morales, préjudice esthétique, d'agrément, perte ou diminution de possibilités de promotion professionnelle.
- La CPAM avance les sommes puis les récupère auprès de l'employeur.
Majoration : L.452-2 ; préjudices : L.452-3 (élargi par le Conseil constitutionnel en 2010).
- Action de la victime (ou de ses ayants droit).
- Tentative de conciliation auprès de la CPAM, puis saisine du pôle social du tribunal judiciaire.
- Prescription : 2 ans — d'où l'urgence d'agir.
- Contestation d'ordre médical (taux d'IPP, état de santé) : commission médicale de recours amiable, puis pôle social.
- Autres litiges : pôle social du tribunal judiciaire.
- Les délais de recours sont courts : agir sans attendre.
- En AT/MP, beaucoup d'actions se prescrivent par 2 ans.
- Repérer le point de départ du délai au cas par cas.
- En cas de doute : saisir tôt l'UD et, si besoin, un avocat.
- C'est ici que la formation prend tout son sens syndical.
- Enquête du CSE après un AT (notamment grave).
- Droit d'alerte en cas de danger grave et imminent ; droit de retrait du ou des salarié·es.
- Analyse et mise à jour du DUERP ; recours possible à une expertise.
Enquêtes : L.2312-13 ; alerte/retrait : L.4131-1 et s. ; DUERP : R.4121-1.
- Recueillir les faits immédiatement, sans chercher de coupable.
- Remonter les causes : techniques, humaines, organisationnelles (logique multicausale).
- Aboutir à des mesures de prévention, puis en assurer le suivi.
- Chaque AT/MP révèle un problème d'organisation du travail.
- En faire une revendication : effectifs, cadences, matériel, formation, aménagements.
- Inscrire les mesures au DUERP et au programme annuel de prévention.
- Cas d'un AT grave sur une ligne de production.
- Construire collectivement : enquête (arbre des causes), suites DUERP, revendication.
- Évaluation à chaud, puis à froid (2 à 3 mois après).
- Chacun repart avec un mini plan d'action ; organiser l'essaimage dans les UD.
- ameli.fr – Risques professionnels : procédures, formulaires, feuille d'accident.
- Légifrance : L.411-1, L.411-2, R.441-2, R.441-10, L.452-1 et s., tableaux de MP.
- INRS : tableaux, prévention, risques par métier ; service-public.fr.
- CGT : collectif santé au travail de l'UD et appui juridique.
- Donner les contacts de l'UD et du collectif santé au travail.
- Encourager chacun à accompagner un premier dossier et à revenir vers le réseau CGT.
