Livret du formateur — Argumentaire AT/MP · CGT Occitanie
Pour chaque diapositive : message clé, points à développer, angle syndical CGT. 65 diapositives — mis à jour 2025.
NOUVEAU = séquence histoire Sécurité sociale. FP = contenu spécifique Fonction Publique. RESSOURCE = diapo ressource/calcul à commenter brièvement.
- Présenter les animateur·rices, le déroulé sur 2 jours et le règlement intérieur (pauses, téléphones, confidentialité).
- Méthode : on part du vécu des stagiaires — dès le départ, inviter chacun à partager une situation vécue ou observée dans son entreprise.
- Tour de table rapide : prénom, entreprise, mandat, attentes (noter au paperboard).
- Rappeler la valeur ajoutée syndicale : la CGT défend les salariés AT/MP depuis 1898 — cette formation transmet ce savoir collectif.
- Lire les objectifs ; demander à chacun ce qu'il vient chercher et noter au paperboard.
- À la fin, chacun doit pouvoir accompagner un·e collègue concrètement : remplir la déclaration, contester un taux d'IPP, saisir le CSE.
- Ce ne sont pas des « droits en théorie » — ce sont des actes militants quotidiens.
- Revenir à ce paperboard en clôture : a-t-on répondu à toutes les attentes ? Les points non couverts → orienter vers l'UD.
- Jour 1 : histoire, définitions, déclaration AT, maladies professionnelles, mise en situation.
- Jour 2 : indemnisation, séquelles, visite de reprise, faute inexcusable, recours, rôle du CSE et du syndicat.
- Le fil rouge : du fait accidentel à la prévention collective. Chaque journée se clôt par une mise en situation.
- Remettre le programme papier. Durée totale : 2 × 7 h (9h–17h), pauses incluses.
- Accroche : demander si quelqu'un a déjà vu un accident mal déclaré ou pas déclaré dans son entreprise.
- Recueillir 1–2 témoignages pour lancer la journée — cela ancre immédiatement dans le réel.
- Plan : histoire → définitions → déclaration AT → maladies professionnelles → mise en situation.
- 1802 : premier conseil de salubrité — la santé ouvrière entre dans la loi.
- 1841 : loi Villermé — limite le travail des enfants en usine ; premier texte protégeant le corps du travailleur.
- 1880 : première loi sur la responsabilité de l'employeur en cas d'accident.
- 1892 : création de l'Inspection du travail et obligation de déclarer les accidents.
- Demander aux stagiaires s'ils connaissent des luttes passées dans leur secteur — 5 minutes de partage valent un cours.
- Avant 1898 : le salarié devait prouver la faute de l'employeur devant un tribunal civil — quasi impossible.
- La loi de 1898 inverse la charge : présomption d'imputabilité — la victime n'a plus à prouver le lien causal.
- Contrepartie : l'employeur obtient une immunité civile ; la réparation est forfaitaire (principe de réparation légale).
- La faute inexcusable (Jour 2) est la seule voie pour dépasser ce forfait.
Loi du 9 avril 1898 sur la responsabilité des accidents dont les ouvriers sont victimes.
- 1919 : les maladies professionnelles entrent dans le régime de réparation.
- 1920 : naissance de la FNATH par des accidentés eux-mêmes.
- 1936 : Front Populaire — congés payés, 40 h, conventions collectives.
- 1945 : ordonnances Sécurité sociale portées par la CGT et Ambroise Croizat, ministre du Travail.
- 5 branches depuis 1967 : Maladie (CPAM/CNAM), AT/MP (CARSAT), Retraite (CNAV), Famille (CAF), Recouvrement (URSSAF).
- La branche AT/MP est financée exclusivement par les cotisations patronales, proportionnellement à la sinistralité.
- Plus une entreprise a d'AT/MP reconnus, plus sa cotisation augmente — incitation économique à prévenir.
L.242-7 CSS ; décret 2010-753 tarification.
- Près de la moitié des AT sont liés à des manutentions manuelles ; les chutes de plain-pied et de hauteur suivent.
- Les décès au travail ne reculent pas ; les MP augmentent (TMS ~90 % des MP reconnues, amiante, RPS).
- Sous-déclaration massive : AT bénins « passés en maladie » par pression hiérarchique, MP jamais déclarées faute d'information.
- Rapport Diricq-Ledoux : 10 000 à 20 000 décès/an liés au travail non reconnus en MP.
Source : Assurance Maladie – Risques professionnels, données annuelles (actualiser chaque session).
- « Les chiffres baissent, la prévention marche. »
- Les AT graves et mortels stagnent. La baisse globale reflète aussi le recul de l'emploi industriel et le sous-enregistrement. Les MP, elles, augmentent : +70 % sur 10 ans.
- « La sous-déclaration est anecdotique. »
- Le rapport Diricq-Ledoux (2020) évalue à 1,2 Md€/an le transfert de charges vers l'Assurance Maladie générale dû à la sous-déclaration — chiffre officiel reconnu par le gouvernement.
- La sous-déclaration prive les victimes de leurs droits (soins 100 %, IJ majorées, rente, protection emploi).
- L'invisibilisation masque la réalité du travail et freine la prévention collective.
- L'employeur a une obligation de sécurité de résultat depuis 2002 : la faire respecter est un levier syndical.
- Chaque AT/MP reconnu renforce le dossier pour les recours futurs (faute inexcusable, DUERP).
- « L'AT/MP c'est de la gestion RH, pas syndical. »
- Au contraire : chaque AT non déclaré ou mal indemnisé est une perte de droits pour le salarié. Le syndicat est le seul acteur qui peut accompagner du premier réflexe jusqu'à la faute inexcusable.
- « Le CSE ne peut pas tout faire. »
- Le CSSCT (ou la formation spécialisée SST en FP) a des pouvoirs propres d'enquête, d'alerte et de droit d'inspection — sans attendre la direction.
- Résumé des chiffres clés (rappel rapide, 2 minutes).
- Annoncer la suite : définitions précises des 3 régimes (AT, trajet, mission) pour ne plus jamais se tromper.
- « Ce n'est pas le rôle du syndicat de faire de la prévention. »
- La CGT revendique la transformation des conditions de travail, pas seulement la réparation. Prévention et protection des droits sont les deux faces d'une même mission.
- « Les entreprises paient déjà des cotisations AT/MP. »
- La cotisation est la contrepartie légale du risque transféré à la collectivité. Elle ne dispense pas de prévenir ni de déclarer correctement.
- Soudaineté : c'est ce qui distingue l'AT de la MP (exposition progressive). Même un micro-traumatisme sur la journée peut être « soudain ».
- Lésion : physique ou psychique (choc émotionnel, agression verbale, malaise).
- Lien avec le travail : notion large — au temps et lieu de travail, pendant une pause réglementaire, en déplacement interne, en mission.
- Pièges : « tu étais en pause » (FAUX si pause réglementaire dans l'entreprise) ; « tu étais seul, on ne peut pas prouver » (FAUX — la présomption joue même sans témoin).
Art. L.411-1 CSS.
- « Il était en pause, c'est pas un AT. »
- FAUX. La pause réglementaire dans l'entreprise est couverte — L.411-1 dit « à l'occasion du travail », pas « pendant le travail effectif ». Cass. soc. 2 avril 2003.
- « Il n'y a pas de témoin, on ne peut pas prouver. »
- FAUX. La présomption joue sans témoin dès que le salarié était au temps et au lieu de travail. C'est à l'employeur de prouver une cause étrangère — pas au salarié de prouver le lien.
- « Ce n'est qu'un choc émotionnel, pas une lésion physique. »
- FAUX. La lésion peut être psychique (Cass. soc. 1er juil. 2003 : malaise cardiaque après altercation = AT). L'agression verbale d'un client entre dans le champ.
- « Il a aggravé son état lui-même en ne consultant pas plus tôt. »
- INOPÉRANT. La présomption couvre toute la suite dès lors que l'accident initial est établi. L'évolution des lésions reste dans le régime AT/MP.
- Accident de service (et non « AT ») régi par : loi 84-16 art.34 (FPE), loi 84-53 art.57 (FPT), loi 86-33 art.41 (FPH).
- Maintien intégral du traitement pendant l'arrêt — pas d'IJ CPAM, c'est l'administration employeur qui maintient le salaire (avantage majeur).
- Régime de retraite : CNRACL (territorial/hospitalier) ou RAFP — pas de rente AT/MP SS.
- FSSCT (Formationspécialisée Santé/Sécurité/Conditions de Travail) remplace le CHSCT depuis 2022 — rôle équivalent au CSE/CSSCT du privé.
- Présomption d'imputabilité reconnue en FP depuis la réforme 2017 (loi déontologie).
- CLM/CLD (congé longue maladie/longue durée) : équivalent FP de l'invalidité SS — durée et taux de maintien différents.
Loi 84-16 art.34 ; loi 84-53 art.57 ; loi 86-33 art.41 ; décret 2022-1432 FSSCT.
- Indemnisation arrêt
- Privé : IJ CPAM (60→80 % SDJB). FP : maintien 100 % du traitement par l'administration — avantage majeur.
- Séquelles
- Privé : rente AT/MP CPAM. FP : allocation temporaire d'invalidité (ATI) ou pension civile d'invalidité selon le taux.
- Organe de contrôle
- Privé : CSE/CSSCT. FP : FSSCT (Formation spécialisée SST) depuis décret 2022-1432 — mêmes pouvoirs d'enquête et d'alerte.
- Déclaration
- FP : déclaration auprès de l'administration employeur dans les 48 h (même délai). L'administration instruit via la commission de réforme en cas de contestation.
- AT (L.411-1) : fait soudain au temps et lieu de travail.
- Accident de trajet (L.411-2) : entre domicile et lieu de travail (ou restauration) — détours admis (covoiturage, nécessités familiales, vie courante).
- MP : exposition progressive et durable à un risque lié au travail.
- Piège classique : l'employeur tente de requalifier un AT en trajet pour réduire l'impact tarifaire. Identifier précisément le contexte (était-il en mission ? en déplacement interne ?) est décisif.
AT : L.411-1 ; trajet : L.411-2 CSS.
- « Le salarié s'est blessé en trajet, ce n'est pas notre responsabilité. »
- L'accident de trajet ouvre les mêmes droits que l'AT pour les soins et l'indemnisation. Seule la faute inexcusable de l'employeur ne s'applique pas — mais tous les autres mécanismes oui.
- « Ce n'est pas une maladie professionnelle, il n'est pas au tableau. »
- La voie CRRMP permet la reconnaissance hors tableau si le lien direct et essentiel avec le travail est établi. Ne pas déclarer parce qu'on croit savoir d'avance = priver le salarié de ses droits.
- « C'était un trajet privé. »
- Le détour est admis pour des nécessités familiales impérieuses ou de la vie courante (L.411-2 CSS). L'appréciation est stricte mais il faut laisser la CPAM trancher, pas l'employeur.
- Salarié en déplacement professionnel (client, formation, salon, chantier) : couvert en AT tout au long de la mission, même hors horaires habituels.
- Jurisprudence constante : Cass. soc. 19 oct. 2011 — accident à l'hôtel pendant la mission = AT, sauf interruption de mission pour motif strictement personnel.
- Repas d'affaires, pause pendant la mission : couvert. Sortie nocturne sans lien avec la mission : à apprécier au cas par cas.
- Pratique : conserver l'ordre de mission, les justificatifs, les échanges professionnels du moment (mail, agenda) pour établir le contexte.
Cass. soc. 19 oct. 2011 n°10-19.640 ; L.411-1 CT.
- Médecin traitant : établit le CMI (certificat médical initial), les prolongations, le certificat de consolidation — pièce fondatrice du dossier.
- Médecin du travail : ne soigne pas, ne fixe pas le taux d'IPP — rôle clé à la visite de reprise (aptitude, reclassement).
- Médecin-conseil CPAM : instruit la reconnaissance, fixe le taux d'IPP et la date de consolidation — décisions contestables.
- Inspection du travail : reçoit les déclarations d'accidents graves, contrôle les obligations de l'employeur.
- CSE / CSSCT / syndicat : défend, accompagne, enquête, documente, alerte.
- « Il s'est blessé le soir à l'hôtel, hors temps de travail. »
- La Cour de cassation couvre le salarié en mission 24h/24, sauf interruption pour motif strictement personnel. L'hôtel fait partie de la mission (Cass. soc. 19 oct. 2011).
- « Il avait fait un détour personnel avant l'accident. »
- La jurisprudence distingue l'interruption totale de mission du simple détour. Un repas ou une course rapide n'interrompent pas la mission.
- Un accident survenu au temps et au lieu de travail est présumé professionnel — sans avoir à prouver quoi que ce soit.
- C'est à l'employeur de prouver une cause totalement étrangère au travail pour renverser cette présomption.
- Rappeler le lien avec la loi de 1898 (diapo 6) : ce principe a 128 ans et résiste à tous les assauts.
- D'où l'importance de bien situer l'accident (heure, lieu, témoins, contexte de travail) dès les premières heures.
- « On a des doutes sur les circonstances. »
- Réponse : Le doute profite au salarié, pas à l'employeur. La présomption est une règle d'ordre public — les réserves doivent être motivées et précises. Des réserves vagues ne suffisent pas à déclencher une enquête sérieuse.
- « On était pas au courant de cet AT. »
- Réponse : L'employeur qui n'organise pas les conditions pour être informé (registre, procédure déclarative) ne peut pas s'en prévaloir. De plus, la déclaration tardive par le salarié reste possible pendant 2 ans.
- Argument puissant à retenir
- La présomption d'imputabilité a 128 ans (loi 1898). Elle a résisté à des milliers de tentatives patronales. C'est la règle du jeu imposée par le législateur.
- Faire lister les lésions qu'on pourrait oublier : douleur psychologique post-traumatique, acouphènes après explosion sonore, douleurs cervicales apparues 48 h après, troubles du sommeil.
- Le médecin traitant doit décrire toutes les lésions, même mineures — y compris celles qui peuvent évoluer.
- Mentionner explicitement le contexte : « suite à un accident du travail survenu le... ».
- Depuis le 1er septembre 2025 : nouveaux Cerfa sécurisés obligatoires.
Formulaire S6909 CPAM.
- Pendant les horaires de travail au domicile, l'accident bénéficie de la présomption d'imputabilité (loi 22 mars 2012 et jurisprudence).
- Preuves utiles : connexion VPN active, messagerie en cours, calendrier de réunion au moment de l'accident.
- Pièges : l'employeur prétend qu'il n'est pas possible de savoir si le salarié travaillait — FAUX, la présomption joue.
L.1222-9 al.2 CT ; Cass. soc. 7 mai 2015 n°14-10.295.
- Le bon réflexe dans les premières heures conditionne tout le dossier.
- Même si l'accident paraît bénin — déclarer toujours. Une entorse peut dégénérer ; une douleur psychique peut s'installer. Un dossier non ouvert ne peut pas être rouvert.
- Le salarié informe l'employeur dans les 24 h (idéalement par écrit, en gardant une preuve — SMS, mail, témoin).
- L'employeur déclare à la CPAM dans les 48 h (hors dimanches et jours fériés) via la DAT.
- L'employeur peut joindre des « réserves motivées » — expliquer ce que c'est et comment les contrer (preuves, témoins).
- La feuille d'accident est remise au salarié : soins pris en charge à 100 %, sans avance de frais, dès le premier soin.
R.441-2 (salarié), R.441-3 (employeur), L.441-5 (feuille d'accident).
- L'employeur « oublie » de déclarer dans les 48 h
- Réponse : Le salarié peut déclarer lui-même dans les 2 ans. Signaler le retard en CSE — c'est une infraction aux R.441-3 et R.441-4 CSS, passible d'amende.
- « Tu n'as pas prévenu dans les 24 h. »
- Réponse : Le délai de 24 h n'est pas une condition de validité de la déclaration — c'est une obligation dont l'inobservation peut être excusée par une juste raison (hospitalisation, état de choc).
- Réserves formulées hors délai
- L'employeur doit formuler ses réserves en même temps que la DAT. Des réserves formulées ultérieurement sont irrecevables (Cass. civ. 2e, 10 mars 2011).
- La DAT (déclaration d'accident du travail) établie par l'employeur.
- Le CMI (certificat médical initial) établi par le médecin traitant — décrire toutes les lésions.
- La feuille d'accident (tiers payant AT) ; les certificats de prolongation puis le certificat de consolidation.
- Depuis le 1er septembre 2025 : nouveaux Cerfa sécurisés obligatoires.
- « Le médecin n'a noté que la blessure principale — c'est suffisant. »
- Le CMI doit décrire toutes les lésions, même secondaires. Un symptôme oublié peut être impossible à rattacher à l'AT plus tard pour la consolidation ou une rechute.
- « On n'a plus besoin de la feuille papier avec la carte Vitale. »
- La feuille d'accident AT (tiers payant à 100 %) reste indispensable : elle identifie l'employeur et garantit la gratuité des soins pendant la durée de l'arrêt.
- « L'employeur nous dit que la déclaration est faite. »
- Vérifier que le salarié a bien reçu le volet 3 de la DAT et les coordonnées de la CPAM. S'il n'a rien reçu, l'employeur n'a peut-être pas déclaré.
- Le salarié peut déclarer lui-même l'AT à la CPAM dans un délai de 2 ans (prescription biennale).
- Réunir les preuves : témoignages écrits, échanges de messagerie, main courante, photos de la scène si possible.
- Informer immédiatement le CSE — le PV de réunion CSE mentionnant le refus de déclarer est une pièce utile.
- Si le refus persiste : saisir l'inspection du travail.
- Étape 1
- Envoyer un mail à l'employeur : « Je vous confirme avoir été victime d'un accident du travail le [date]. Je vous rappelle votre obligation de déclaration à la CPAM dans les 48 h (R.441-3 CSS). Sans déclaration de votre part, je me réserve le droit de déclarer moi-même. »
- Étape 2
- En parallèle : alerter le CSE (inscription à l'ordre du jour de la prochaine réunion — PV = preuve).
- Étape 3
- Si refus persistant : déclaration directe du salarié à la CPAM + saisine de l'inspection du travail (formulaire CERFA ou courrier libre). L'IT peut mettre en demeure l'employeur.
- Sanction employeur
- Refus de déclarer = infraction pénale (C.pén. R.741-3), amende jusqu'à 750 €. Et surtout : renforce considérablement la faute inexcusable future.
- L'employeur peut formuler des « réserves motivées » portant sur l'heure, le lieu, les circonstances → la CPAM ouvre une enquête contradictoire.
- Des réserves vagues et non motivées doivent être contestées — exiger que l'employeur précise.
- Le registre des accidents bénins (sous conditions CARSAT) remplace la DAT pour les lésions sans arrêt ni soins extérieurs. Vigilance : ce registre ne doit pas servir à masquer de vrais AT.
- Faire tracer mentalement le chemin par les stagiaires à partir d'un cas concret.
- Rappeler : silence de la CPAM passé le délai = acceptation implicite.
- « L'employeur a émis des réserves, donc l'AT ne sera pas reconnu. »
- Des réserves ne suffisent pas à renverser la présomption. Elles doivent être motivées et portées sur les circonstances. La CPAM instruit ; la présomption reste acquise jusqu'à la décision.
- « Nous mettons l'accident au registre des bénins, pas besoin de déclarer. »
- Le registre des bénins n'est autorisé que sous conditions strictes (médecin présent, CSSCT informé). En cas de doute, déclarer : la victime ne perd rien et garde ses droits.
- « Les réserves sont vagues mais elles font quand même effet. »
- Non — des réserves non motivées doivent être contestées par écrit. Exiger de l'employeur qu'il précise les faits. La CPAM peut les écarter si elles sont insuffisamment circonstanciées.
- 30 jours francs pour statuer dans le cas simple (sans réserves).
- En cas de réserves ou d'investigation : prolongation jusqu'à 90 jours au total.
- Phase contradictoire : 10 jours pour consulter le dossier d'instruction et présenter des observations — à utiliser systématiquement.
- Demander la copie de l'ensemble du dossier (questionnaire employeur, rapport enquêteur).
R.441-7 à R.441-14 CSS.
- Demander le dossier complet
- Le salarié (ou son représentant) peut consulter toutes les pièces : questionnaire employeur, rapport de l'enquêteur CPAM, avis médical. Demander par LRAR.
- Répondre point par point aux réserves
- Produire : témoignages écrits, photos, accès badge, planning du jour, historique de la messagerie professionnelle. Chaque réserve non réfutée pèse dans la décision CPAM.
- Délai à ne pas rater
- 10 jours francs après notification de la mise en observation. Passé ce délai, les observations ne sont plus recevables.
- Argument clé
- Si la CPAM n'a pas respecté le délai pour ouvrir la phase contradictoire : la décision de refus peut être annulée pour vice de procédure (Cass. civ. 2e, 9 nov. 2006).
- Sans décision explicite de la CPAM dans le délai légal : le caractère professionnel de l'accident est reconnu de plein droit.
- Conserver les preuves de dépôt (accusé de réception, date de la déclaration) et noter précisément les dates.
- Ne pas « relancer » inutilement la CPAM au point de provoquer une décision de rejet hâtive.
R.441-10 CSS.
- Formule : SDJB = salaire brut du mois précédent ÷ 30,42.
- J1–J28 : 60 % × SDJB (plafond 240,49 €/j en 2026). À partir de J29 : 80 % × SDJB (plafond 320,66 €/j).
- Exemple à 2 400 € bruts : SDJB = 78,90 € → IJ J1-J28 = 47,34 €/j → IJ J29+ = 63,12 €/j.
- Faire faire le calcul aux stagiaires avec leur propre salaire (si consentement) — cela ancre l'enjeu personnel.
L.433-2, L.433-3 CSS ; plafonds AMELI 2026.
- Pas de délai de carence AT/MP (3 jours en maladie ordinaire).
- Taux IJ : 60→80 % SDJB en AT/MP vs 50 % (→ 66 % après 30 jours avec 3 enfants) en maladie.
- Soins à 100 % du tarif Sécu en AT/MP vs remboursements partiels.
- Protection de l'emploi renforcée (L.1226-9 vs droit commun).
- Rente/capital en cas de séquelles — inexistant en maladie ordinaire.
- « La CPAM n'a pas répondu — on ne sait pas si c'est reconnu. »
- Le silence de la CPAM à l'expiration du délai légal vaut reconnaissance de plein droit (R.441-10 CSS). Conservez l'accusé de réception de la déclaration et calculez les dates.
- « La CPAM a demandé des pièces supplémentaires — le délai est suspendu. »
- Oui, mais la suspension a ses limites légales. Connaître ces règles évite qu'une demande de pièce ne soit utilisée pour repousser indéfiniment la décision.
- Accroche : combien de salariés en salle ont des collègues souffrant de TMS, de troubles auditifs ou de pathologies respiratoires sans avoir jamais fait de démarche MP ? C'est la sous-déclaration massive.
- Annoncer les deux voies de reconnaissance et leur enjeu de preuve.
- Voie 1 — Tableau (L.461-1 al.1) : maladie figurant au tableau + toutes conditions remplies (liste travaux, délai prise en charge, durée exposition) → présomption automatique, pas besoin de prouver le lien.
- Voie 2 — CRRMP : soit conditions du tableau non toutes remplies (lien direct démontré), soit maladie hors tableau (lien direct et essentiel + IPP ≥ 25 % ou décès).
- La voie CRRMP est la porte d'entrée pour les maladies émergentes : burn-out, cancers multi-factoriels, TMS atypiques.
L.461-1 à L.461-8 CSS.
- Faire suivre le logigramme par les stagiaires sur un cas concret (TMS, lombalgie, affection psychique).
- « La maladie n'est pas au tableau, donc ce n'est pas une MP. »
- La voie CRRMP (Comité régional de reconnaissance) permet la reconnaissance si le lien direct et essentiel avec le travail est prouvé et l'IPP ≥ 25 % (ou maladie mortelle). Le refus d'emblée prive la victime d'un droit.
- « Le délai de prise en charge est dépassé. »
- Vérifier la date de fin d'exposition et la date de première constatation médicale — c'est à cette dernière que court le délai, pas à la date des symptômes.
- Désignation de la maladie — libellé exact à comparer avec le diagnostic.
- Délai de prise en charge après la fin de l'exposition — souvent plus court qu'on ne le croit.
- Liste des travaux : peut être limitative (stricte) ou indicative selon le tableau.
- Où les trouver : INRS (inrs.fr) et Légifrance, mis à jour régulièrement. Télécharger les tableaux 30 (affections à l'amiante), 57 (TMS), 98 (rhinites).
- « La liste des travaux est limitative — le salarié ne figure pas dedans. »
- Si la liste est limitative, la présomption ne s'applique pas automatiquement, mais la voie CRRMP reste ouverte pour démontrer le lien direct avec le travail.
- « Le tableau est ancien — la maladie a évolué. »
- Les tableaux peuvent être complétés ou révisés. La CPAM doit instruire sans se limiter au libellé figé si une nouvelle forme de la maladie est documentée médicalement.
- TMS : près de 90 % des MP reconnues (tableau 57 principalement) ; amiante toujours présente (tableaux 30, 30 bis).
- Affections psychiques (burn-out) : souvent hors tableau → CRRMP avec IPP ≥ 25 %.
- Agents chimiques cancérogènes (CMR) : tableaux 16, 43, 44 — souvent sous-déclarés en TPE/PME.
- Usure professionnelle : lien fort avec le C2P (compte professionnel de prévention).
- Voie CRRMP : lien direct et essentiel avec le travail + IPP ≥ 25 % ou décès.
- Constitution du dossier : e-mails documentant la surcharge, PV CSE, signalements RH, arrêts maladie successifs, témoignages.
- Délai de prescription : 2 ans après la première constatation médicale — agir vite.
- La CGT a produit des fiches pratiques sur la reconnaissance du burn-out (disponibles à l'UD).
- « Le burn-out n'est pas une maladie professionnelle reconnue. »
- Il n'est pas au tableau mais la voie CRRMP existe pour les troubles psychiques si l'IPP ≥ 25 %. Le syndicat doit aider à constituer le dossier (chronologie, mails, évaluations, témoignages).
- « Les TMS c'est l'usure normale. »
- Non — les TMS sont causés par des contraintes biomécaniques organisationnelles. Le tableau 57 couvre les affections péri-articulaires. La prévention agit sur l'organisation du travail, pas sur la résistance individuelle.
- 6 facteurs de risque actuels (depuis ordonnances 2017) : travail de nuit, en équipes alternantes, expositions aux températures extrêmes, bruit, vibrations mécaniques, agents chimiques dangereux.
- Points acquis → formation, temps partiel sans perte de salaire, départ anticipé.
- Levier pour relier prévention, usure professionnelle et maladies professionnelles en revendication CSE.
- « Seuls 6 facteurs restent — c'est mieux que rien. »
- Les 4 facteurs supprimés en 2017 (postures pénibles, vibrations, agents chimiques dangereux pour la fiche, travail répétitif) couvraient des millions de salariés. La CGT revendique leur réintégration.
- « Le C2P c'est compliqué, les salariés n'en profitent pas. »
- Le rôle du syndicat est précisément d'accompagner les salariés pour vérifier les déclarations employeur (DADS/DSN) et activer les droits — formation, temps partiel, départ anticipé.
- Animation en binômes ou trinômes (15 min) puis restitution plénière.
- Corrigé attendu : information employeur dans les 24 h (écrit), CMI détaillé avec toutes les lésions, feuille d'accident, déclaration directe à la CPAM si refus, alerte du CSE.
- Corriger les erreurs fréquentes : attendre que l'employeur déclare, ne pas mentionner la lésion psychologique, oublier la feuille d'accident.
- Tour de table : une chose que je retiens, une chose que je réutiliserai dès demain.
- Recueillir les questions en suspens pour les traiter en début de Jour 2.
- Annoncer J2 : de la reconnaissance à la réparation — indemnisation, séquelles, faute inexcusable, action collective.
- Accroche : demander si quelqu'un a eu une déception après la reconnaissance — taux d'IPP trop faible, licenciement malgré l'arrêt, indemnisation décevante. Ces cas concrets nourrissent toute la journée.
- Fil du jour : indemnisation → séquelles → visite de reprise → faute inexcusable → recours → rôle CSE.
- IJ AT/MP majorées (60 % → 80 %) + soins à 100 % + maintien de salaire par l'employeur le jour J.
- En cas de séquelles : rente ou capital selon le taux d'IPP.
- La situation évolue vers la guérison ou la consolidation — notion charnière à bien expliquer.
- Contrat suspendu ; licenciement interdit sauf faute grave non liée à l'accident ou impossibilité de maintien pour motif étranger à l'AT — appréciés strictement par les juges.
- Tout licenciement en violation = licenciement nul : réintégration possible ou indemnités renforcées.
- Indemnité spéciale de licenciement en cas d'inaptitude d'origine professionnelle = 2× l'indemnité légale (L.1226-14).
L.1226-9, L.1226-13, L.1226-14 CT.
- « On le licencie pour faute grave. »
- Vérifier : la faute doit être totalement étrangère à l'AT (ex. : faute antérieure à l'accident, de nature disciplinaire grave). Un motif économique ou de performance est insuffisant. Le juge contrôle strictement.
- « L'arrêt est trop long, on ne peut plus attendre. »
- FAUX. Pas de durée limite pendant un arrêt AT/MP (≠ maladie ordinaire). L'employeur doit attendre la consolidation et la visite de reprise avant d'envisager un licenciement pour inaptitude.
- Licenciement sans visite de reprise préalable
- Nullité automatique (L.1226-9) — réintégration ou indemnités plancher à 6 mois de salaire. Jurisprudence constante.
- Indemnité spéciale — calcul
- 2× l'indemnité légale = pour 10 ans d'ancienneté à 2 000 € : indemnité légale = 8 300 € → indemnité spéciale = 16 600 €. Argument financier concret.
- Guérison : retour à l'état antérieur, sans séquelle — fin de la prise en charge AT/MP.
- Consolidation : état stabilisé avec séquelles permanentes → évaluation du taux d'IPP par le médecin-conseil CPAM.
- La date de consolidation est fixée par le médecin-conseil — elle peut être contestée si prononcée trop tôt (état pas stabilisé).
- Piège : l'employeur peut pousser à une consolidation rapide pour réduire l'arrêt — être vigilant.
- Quand contester ?
- Quand le médecin traitant estime que l'état n'est pas stabilisé — nouvelles douleurs, chirurgie envisagée, traitement toujours actif. La consolidation doit être un état définitif, pas un arrêt administratif.
- Comment ?
- Saisir la commission médicale de recours amiable de la CPAM dans les 2 mois de la notification. Joindre un certificat médical détaillé du médecin traitant expliquant pourquoi l'état n'est pas stabilisé.
- Intérêt financier
- Chaque mois de consolidation différée = IJ à 80 % maintenues. Sur un salaire de 2 000 €, c'est ~1 050 €/mois d'IJ vs ~100 €/mois de rente pour un taux d'IPP de 5 %.
- Visite de reprise obligatoire dans les 8 jours suivant la reprise, après tout arrêt AT/MP de plus de 30 jours (R.4624-22 CT).
- Le médecin du travail peut proposer des aménagements de poste, un mi-temps thérapeutique, ou prononcer une inaptitude → l'employeur doit chercher un reclassement.
- Mi-temps thérapeutique : reprise à temps partiel avec maintien d'une partie des IJ AT/MP — accord médecin traitant + médecin-conseil CPAM. Durée max 1 an renouvelable.
- Si l'employeur refuse d'organiser la visite ou ignore les préconisations : nouvelle faute documentable.
R.4624-22 CT ; L.1226-9, L.1226-14 CT.
- L'employeur « oublie » d'organiser la visite de reprise
- Conséquence : le contrat de travail reste suspendu — l'employeur ne peut pas licencier et doit maintenir les garanties. De plus, sans visite de reprise, tout licenciement pour inaptitude est nul (Cass. soc. 28 janv. 2010).
- Le médecin du travail préconise des aménagements refusés par l'employeur
- Action : Mettre en demeure par LRAR de justifier le refus. Saisir l'inspection du travail. Le refus d'aménagement peut constituer une exécution fautive du contrat (Cass. soc. 26 janv. 2022).
- Mi-temps thérapeutique refusé par l'employeur
- L'employeur ne peut pas s'y opposer si le médecin du travail le préconise dans ses conclusions. Refus = manquement à L.1226-10 → faute de l'employeur.
- Une rechute se déclare par un nouveau certificat médical → elle rouvre les droits AT/MP (soins 100 %, IJ majorées).
- En cas d'aggravation des séquelles constatée par un médecin, le taux d'IPP peut être révisé à la hausse.
- Délai pour demander la révision du taux : avant consolidation définitive ou dans les 2 ans.
- « La rechute est traitée comme un nouvel arrêt ordinaire. »
- Non — une rechute AT/MP reconnu rouvre les droits spécifiques : soins pris en charge à 100 %, IJ au taux majoré. Le salarié doit le signaler à sa CPAM avec certificat médical de rechute.
- « Le taux d'IPP est figé après la consolidation. »
- Il peut être révisé à la hausse en cas d'aggravation constatée médicalement. Saisir la CPAM d'une demande de révision — délai de 2 ans après la première décision de taux.
- Taux d'IPP fixé par le médecin-conseil selon un barème indicatif fonctionnel (pas seulement anatomique — tenir compte du retentissement professionnel).
- IPP < 10 % : indemnité en capital unique. IPP ≥ 10 % : rente viagère indexée.
- Mécanisme du taux utile : fraction ≤ 50 % ÷ 2 ; fraction > 50 % × 1,5 — voir diapo ressource dédiée.
L.434-1 à L.434-3 CSS.
- Délai de contestation
- 2 mois à compter de la notification du taux. Saisir la Commission Médicale de Recours Amiable (CMRA) de la CPAM. Joindre un certificat médical circonstancié.
- Contre-expertise médicale
- Le salarié peut demander une expertise médicale judiciaire (désignation d'un médecin expert par le TJ pôle social). Coût modeste, souvent financé par l'aide juridictionnelle.
- Argument clé : barème indicatif, pas impératif
- Le barème fonctionnel est indicatif — le médecin-conseil doit tenir compte du retentissement professionnel réel. Un ouvrier de force avec une IPP de 8 % sur la main a un retentissement bien plus élevé que le barème anatomique.
- Impact financier de la contestation
- IPP passant de 9 % à 11 % : on passe du capital (unique, 4 833,18 € depuis le 1er avril 2026) à la rente viagère (~55 €/mois × 20 ans = 13 200 €). L'écart justifie largement la démarche.
- Faire estimer l'écart financier entre capital (versement unique 4 833 € à 9 % depuis avril 2026) et rente (40–80 €/mois à vie) pour un IPP de 9 % vs 11 %.
- Formule : fraction ≤ 50 % divisée par 2 ; fraction > 50 % multipliée par 1,5.
- Exemple IPP 25 % : taux utile = (25 % ÷ 2) = 12,5 %.
- Exemple IPP 75 % : taux utile = (50 % ÷ 2) + (25 % × 1,5) = 25 % + 37,5 % = 62,5 %.
- Rente = taux utile × salaire annuel de référence. Plancher : salaire minimum des rentes = 21 498,47 € depuis le 1er avril 2026.
- Donner 3 taux d'IPP différents et faire calculer en groupe — ancre l'enjeu financier de la contestation.
L.434-2 CSS ; barème fonctionnel indicatif CNAM.
- Rentes aux ayants droit : conjoint/partenaire, enfants à charge.
- Capital décès et prise en charge des frais funéraires.
- Les ayants droit peuvent engager une action en faute inexcusable pour obtenir réparation des préjudices moraux.
- Rôle du syndicat : accompagner la famille dans les premières heures, constituer le dossier, ne pas laisser la CPAM et l'employeur seuls maîtres des premières pièces.
- Couvre : préjudice moral, souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément, préjudice d'accompagnement des proches.
- S'applique à toutes les maladies liées à l'amiante (MP n°30 et autres) — secteur privé ET Fonction Publique.
- Cumulable avec la rente AT/MP SS. Délai d'instruction : 6 mois maximum.
- Recours juridique reste possible après offre FIVA.
Loi 2000-1257 du 23 déc. 2000 ; fiva.fr — formulaires en ligne.
- « Les proches doivent attendre la fin des enquêtes pour agir. »
- Non — la déclaration AT se fait dans les 48 h, indépendamment de l'enquête pénale. Les rentes et le capital décès peuvent être demandés dès la reconnaissance.
- « La faute inexcusable ne s'applique pas si l'accident est banal. »
- Dès lors que l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n'a pas pris les mesures pour le prévenir, la faute inexcusable est caractérisée — même pour un AT courant.
- Inaptitude prononcée par le médecin du travail à l'issue de la visite de reprise (ou d'une visite à la demande).
- Obligation de reclassement : recherche sérieuse et loyale de tous les postes disponibles ; le CSE est consulté avant toute proposition.
- À défaut de reclassement ou de licenciement : l'employeur doit reprendre le versement du salaire après 1 mois.
L.1226-10 et suivants CT (inaptitude d'origine professionnelle).
- « Le médecin du travail a dit qu'aucun poste n'était possible. »
- L'employeur ne peut pas s'appuyer sur un avis médecin du travail sans avoir effectué une recherche sérieuse et loyale et consulté le CSE. L'absence de recherche documentée est une irrégularité.
- « L'entreprise est petite, il n'y a pas d'autre poste. »
- L'obligation de reclassement s'impose aussi aux petites entreprises, y compris en cherchant dans le groupe (L.1226-10). Le refus du salarié d'un poste approprié peut rompre l'obligation — mais pas n'importe quel poste.
- Indemnité spéciale de licenciement = 2× l'indemnité légale (L.1226-14).
- Indemnité compensatrice de préavis versée même si le salarié ne l'exécute pas.
- Tout licenciement doit être motivé par l'impossibilité de reclassement — justification exigée.
- Vigilance : s'assurer que l'inaptitude est bien reconnue « d'origine professionnelle » (mention dans l'avis du médecin du travail).
L.1226-14 CT.
- « L'inaptitude n'est pas d'origine professionnelle — le médecin du travail n'a pas coché. »
- L'origine professionnelle peut être établie même sans mention explicite si l'inaptitude résulte de l'AT ou de la MP. Contester l'absence de mention devant le CPH.
- « L'employeur propose une rupture conventionnelle — c'est pareil. »
- Non — la rupture conventionnelle prive le salarié de l'indemnité spéciale et de l'indemnité de préavis bonifiée. Refuser et exiger le respect de L.1226-14.
- La cotisation AT/MP patronale est individualisée (CARSAT) selon la sinistralité de l'entreprise : plus d'AT/MP reconnus = cotisation plus élevée.
- Des cotisations supplémentaires (majoration) peuvent être imposées en cas de risques non maîtrisés.
- Argument de négociation : faire reconnaître les AT/MP pèse directement sur le coût pour l'employeur.
- « La tarification n'a aucun effet sur notre comportement. »
- Le taux de cotisation AT/MP peut tripler en cas de sinistralité élevée dans les grandes entreprises (tarif individuel). C'est un argument économique réel pour exiger des mesures de prévention.
- « On peut contester les AT reconnus pour faire baisser notre taux. »
- L'employeur peut contester la décision CPAM, mais il ne peut pas empêcher un salarié de déclarer. Toute pression sur la non-déclaration est illicite et peut engager la responsabilité pénale.
- L'indemnisation AT/MP de base est forfaitaire. La faute inexcusable permet d'obtenir la réparation du préjudice réel.
- Rappeler le lien avec 1898 (diapo 6) : la faute inexcusable est la seule exception à l'immunité civile de l'employeur.
- Insister : ce n'est pas réservé aux catastrophes — un employeur qui ignore une alerte écrite peut être condamné.
- L'employeur avait — ou aurait dû avoir — conscience du danger auquel était exposé le salarié.
- Il n'a pas pris les mesures de protection nécessaires.
- Origine jurisprudentielle : arrêts « amiante » de la Cour de cassation du 28 fév. 2002 — généralisés à tous les AT/MP.
- Preuve : alertes écrites (PV de CSE, mails, registre DGI), DUERP qui ne mentionne pas le risque, défaut de formation à la sécurité.
Obligation de sécurité : L.4121-1 CT ; faute inexcusable : L.452-1 et s. CSS.
- Preuves de la conscience du danger
- PV de CSE ou CSSCT mentionnant le risque, alertes DGI dans le registre spécial, mails ou courriers au responsable HSE, DUERP ne mentionnant pas le risque (absence = preuve négative), AT/MP antérieurs sur le même poste.
- Preuves de l'absence de mesures
- Absence de formation CACES/habilitation/chimie documentée, EPI non fournis (ou fournis mais défectueux), procédures de sécurité non affichées, matériel non conforme (Carter manquant, machine non vérifiée).
- Chronologie clé
- Reconstituer une ligne du temps : date alerte CSE → date AT. Si délai court → l'employeur ne peut pas prétendre ignorer. Si délai long → la tolérance de l'employeur est établie.
- Argument jurisprudentiel central
- Cass. soc. 28 fév. 2002 (arrêts amiante) : « L'employeur est tenu envers ses salariés d'une obligation de sécurité de résultat. » Le résultat attendu : zéro accident. Dès qu'il y a AT/MP, l'obligation n'est pas tenue — et la faute inexcusable peut être établie si conscience du danger.
- Carter de machine retiré et non remplacé — signalement écrit ignoré → faute inexcusable confirmée.
- Salarié affecté à un poste sans formation aux risques chimiques → faute inexcusable.
- Alertes répétées sur cadences excessives documentées en PV de CSSCT — pas de réponse → faute inexcusable sur TMS.
- Charge de travail documentée conduisant au burn-out — mails RH ignorés → faute inexcusable en progression.
- Majoration de la rente ou du capital jusqu'au maximum légal (souvent le doublement).
- Réparation des préjudices personnels : souffrances physiques et morales, préjudice esthétique, d'agrément, perte de promotion professionnelle.
- La CPAM avance les sommes puis les récupère auprès de l'employeur (action récursoire).
- Extension jurisprudentielle en 2010 (Conseil constitutionnel) : la liste des préjudices réparables est ouverte.
Majoration : L.452-2 CSS ; préjudices : L.452-3 (élargi QPC 18 juin 2010).
- Exemple concret — IPP 20 %, salaire 2 000 €/mois
- Sans FIE : taux utile = 20 % ÷ 2 = 10 % → rente = 10 % × 24 000 € = 2 400 €/an (200 €/mois). Avec FIE : majoration au maximum (doublement) → rente majorée ≈ 4 800 €/an + préjudice moral ~15 000 € + préjudice d'agrément ~8 000 €. Total gain FIE ≈ +70 000 € sur 20 ans (en cumulant rente majorée + préjudices).
- Prescription à surveiller
- 2 ans à compter de la consolidation ou de la date à laquelle la victime a eu connaissance du caractère professionnel. Interrompre par la conciliation CPAM dès que le dossier est prêt — ne pas attendre.
- La CPAM avance les sommes
- Le salarié est payé par la CPAM. C'est la CPAM qui récupère auprès de l'employeur (action récursoire) — ce n'est pas un conflit direct salarié/employeur, ce qui réduit les craintes de représailles.
- Tentative de conciliation auprès de la CPAM (saisine par lettre recommandée).
- En cas d'échec : saisine du pôle social du tribunal judiciaire.
- Prescription : 2 ans à compter de la date de l'accident ou de la date à laquelle la victime a eu connaissance du caractère professionnel.
- Point de vigilance : le délai de prescription peut être interrompu par la conciliation.
- Scénario : Ahmed, opérateur sur presse d'emboutissage (PME 85 salariés). Sectionnement partiel de l'index droit lors d'un débourrage manuel. Carter de protection retiré 3 semaines avant. Signalement écrit par Ahmed 2 semaines avant — aucune réponse.
- Groupe A : Enquête CSE — arbre des causes (causes immédiates, profondes, organisationnelles).
- Groupe B : DUERP et PAPRIPACT — mettre à jour, prioriser, proposer des mesures.
- Groupe C : Revendication syndicale + faute inexcusable — construire l'argumentaire, identifier les preuves.
- « La procédure est longue et coûteuse pour le salarié. »
- La conciliation est gratuite et peut aboutir rapidement. En cas d'échec, l'aide juridictionnelle et l'accompagnement syndical permettent d'aller au tribunal sans frais prohibitifs.
- « La prescription de 2 ans est déjà passée. »
- Le délai court à compter de la date à laquelle la victime a eu connaissance du caractère professionnel — pas forcément de la date de l'accident. En cas de consolidation récente ou de découverte tardive, vérifier les dates précisément.
- Décision de prise en charge (reconnaissance ou refus) : Commission de Recours Amiable (CRA) CPAM dans les 2 mois, puis pôle social TJ.
- Taux d'IPP : expertise médicale demandée à la CPAM, puis CNITAAT, puis TJ pôle social.
- Demander toujours la notification écrite de toute décision CPAM pour faire courir les délais formellement.
- Ne pas laisser passer les 2 mois sans saisir la CRA — même sans avoir tous les arguments.
- CRA = Commission de Recours Amiable
- Saisie par LRAR dans les 2 mois. Gratuit, pas d'avocat obligatoire. La CRA statue dans les 2 mois (silence = rejet implicite). Suspens le délai de prescription pendant l'instruction.
- Après la CRA : pôle social du TJ
- Procédure gratuite (pas de frais de justice). L'aide juridictionnelle peut couvrir les honoraires d'avocat. Délai moyen de jugement : 12–18 mois en première instance.
- Taux de succès en contestation IPP
- ~30 % des contestations de taux d'IPP aboutissent à une révision à la hausse devant le pôle social. La contre-expertise médicale est le levier principal.
- Argument de négociation pré-contentieux
- Signifier à la CPAM par écrit l'intention de saisir la CRA suffit souvent à relancer l'instruction et obtenir une révision amiable du taux — sans aller jusqu'au tribunal.
- En AT/MP : beaucoup d'actions se prescrivent par 2 ans — déclaration tardive, contestation de décision, faute inexcusable.
- Identifier avec précision le point de départ du délai au cas par cas (date de l'accident, date de la décision CPAM, date de consolidation).
- En cas de doute : saisir l'UD immédiatement. Mieux vaut agir trop tôt qu'attendre.
- « Les 2 ans sont passés, il n'y a plus rien à faire. »
- La prescription peut être interrompue par une tentative de conciliation, une demande à la CPAM, ou un acte d'exécution forcée. Analyser la chronologie avant de renoncer.
- « Le salarié n'a pas contesté à temps — trop tard. »
- Distinguer délai de prescription de la faute inexcusable (2 ans) et délai de recours contre les décisions CPAM (2 mois). Deux questions distinctes.
- Un AT bien traité protège un salarié. Un CSE qui systématise l'analyse AT/MP protège tous les salariés.
- Chaque accident individuel est la fenêtre sur un dysfonctionnement organisationnel collectif.
- Enquête du CSE après un AT grave ou répété (L.2312-13) — résultats versés au dossier.
- Droit d'alerte DGI (L.4132-1) : consigner dans le registre spécial → réunion CSE dans les 24 h.
- Droit de retrait individuel (L.4131-1) : le salarié se retire sans attendre l'accord de l'employeur.
- DUERP : mise à jour obligatoire après tout AT grave ; le CSE est associé à son élaboration.
- Expertise SSCT (L.2315-94) : en cas de risque grave ou de projet important modifiant les conditions de travail.
L.2312-13, L.4131-1, L.4132-1, R.4121-1, L.2315-94 CT.
- « L'enquête CSE n'est pas obligatoire pour les AT bénins. »
- FAUX. L.2312-13 prévoit l'enquête pour tout AT grave ou répété. Plusieurs AT sur le même poste = série = caractère répété → enquête obligatoire même si chaque AT est « bénin ».
- « On conteste l'alerte DGI — le danger n'est pas réel. »
- Réponse : L'employeur ne peut pas s'opposer au retrait — il peut saisir le juge des référés, mais le retrait est immédiat. La charge de la preuve de l'absence de danger lui appartient. En pratique, les employeurs saisissent rarement le juge.
- « L'expertise SSCT coûte trop cher. »
- Réponse : L'expertise est à la charge de l'employeur (L.2315-96). Le CSE vote à la majorité des membres présents — l'employeur ne peut pas bloquer le vote. En cas de désaccord sur la nécessité, saisie du TJ (référé).
- Argument de prévention économique
- Présenter les données de sinistralité (taux de fréquence, taux de gravité, coût des AT) pour montrer l'impact financier sur la cotisation patronale. Les DRH sont souvent plus réceptifs aux arguments économiques qu'aux arguments juridiques.
- Partir du dommage, poser la question « pourquoi ? » à chaque étape jusqu'aux causes racines (organisationnelles, managériales, matérielles).
- Refuser l'explication par « l'erreur humaine » ou « l'inattention » : presque toujours, l'organisation est en cause.
- Aboutir à des mesures concrètes, inscrites au DUERP et au PAPRIPACT avec délai et responsable.
- L'arbre des causes bien mené construit aussi le dossier de faute inexcusable.
- Faire produire l'arbre par le groupe sur un cas : on cherche les causes (technique, humaine, organisationnelle), pas un coupable.
- « L'accident est dû à l'inattention du salarié. »
- La méthode de l'arbre des causes démontre systématiquement que derrière l'erreur humaine se trouvent des causes organisationnelles (surcharge, manque de formation, matériel défaillant). L'inattention est un symptôme, pas une cause.
- « L'enquête interne suffit — le CSE n'a pas à s'en mêler. »
- Le CSE (CSSCT) a le droit et le devoir de diligenter sa propre enquête AT/MP (L.2315-27 CT). Les conclusions peuvent diverger — c'est justement l'intérêt.
- Chaque AT/MP révèle un problème d'organisation du travail : effectifs, cadences, matériel, formation, aménagements.
- Inscrire les mesures au DUERP et au PAPRIPACT — voter en CSE avec un délai et un responsable nommé.
- Utiliser les données de sinistralité (taux de fréquence, taux de gravité) pour construire une revendication chiffrée.
- Mis à jour annuellement et après tout AT grave ou changement des conditions de travail.
- Depuis la loi Santé au Travail 2021 : dématérialisé, conservé 40 ans, accessible aux salariés sur demande.
- Un DUERP qui ne mentionne pas les RPS, la pénibilité ou les risques chimiques est contestable en CSE.
R.4121-1 à R.4121-4 CT ; loi 2021-1018.
- Réflexes immédiats : déclarer dans les 24 h, CMI détaillé, feuille d'accident, notes manuscrites (heure, lieu, témoins).
- Suivi procédure CPAM : surveiller les délais, utiliser la phase contradictoire, saisir la CRA si décision défavorable.
- Suivi médical : visite de reprise, taux d'IPP, contester si sous-évalué, mi-temps thérapeutique.
- Protection emploi : vérifier tout licenciement pendant/après arrêt AT/MP.
- Action collective : enquête CSE, arbre des causes, mise à jour DUERP.
- « Chaque accident est unique — on ne peut pas généraliser. »
- L'analyse statistique des AT dans l'entreprise (CARSAT, bilan social) révèle les unités et postes à risque récurrents. La généralisation est précisément ce qui permet la prévention collective.
- « On a déjà mis des mesures dans le DUERP. »
- Inscrire dans le DUERP n'est qu'une étape. Vérifier en CSE que les mesures ont été réalisées, évaluées, avec un responsable et un délai — c'est le PAPRIPACT qui engage l'employeur.
- Cas Ahmed (voir diapo 58) — restitution plénière et synthèse formateur.
- Évaluation à chaud : quiz final + fiche satisfaction.
- Tour de table final : une chose que je vais faire différemment dès demain.
- Distribuer : check-list militante, coordonnées UD CGT Occitanie, liens ressources (ameli.fr, INRS, fiva.fr).
- ameli.fr — Formulaires DAT, feuille d'accident, calcul IJ, droits AT/MP complets.
- Légifrance — CSS L.411-1 (AT), L.461-1 (MP), L.1226-9 (protection emploi), L.452-1 (FIE) — textes intégraux gratuits.
- INRS (inrs.fr) — 120 tableaux de MP, arbre des causes (ED 6233), fiches risques par métier.
- FIVA (fiva.fr) — Formulaires et procédure pour toutes les victimes de l'amiante.
- service-public.fr — Fiches pratiques AT/MP accessibles à tous les salariés.
- Carsat Occitanie — carsat-lr.fr / carsat-mp.fr — Prévention et tarification.
- Dreets Occitanie — dreets.gouv.fr/occitanie — Inspection du travail, signalement AT grave.
- CGT Occitanie — UD/UR — Collectif santé au travail, appui juridique, accompagnement dossiers complexes.
